Je suis Marjolaine depuis très, très longtemps, et j’ai toujours beaucoup aimé sa façon d’écrire. C’était encore l’époque des blogs lorsque je l’ai connue, et je me régalais à chacun de ses articles. Lorsqu’elle nous a annoncé la sortie de son premier roman, je n’ai pas été surprise, c’était une évidence. Dans son planning bien chargé, elle a pris le temps de répondre à mes questions et je suis heureuse de les partager avec vous aujourd’hui

Marjolaine Solaro et son premier roman Jamais je ne t'oublierai

Qui es-tu, et que fais-tu ?

Je suis Marjolaine Solaro, ex-Parisienne qui vit en Bretagne depuis 10 ans avec son mari et ses trois enfants. Je suis une ancienne journaliste devenue blogueuse et maintenant, romancière.

« Jamais je ne t’oublierai », ton premier roman, sort le 19 Mai. Comment est-il né ?

Il est né d’une idée qui m’a traversée au moment où je me sentais enfin prête à écrire un premier roman. Quand une éditrice m’a contactée pour me demander si j’avais un projet de roman, je me suis lancée. Après, le roman vécu mille aventures avant d’être publié.

Tu as écrit de nombreux livres pratiques, notamment sur la parentalité, ou le zéro déchet, comment t’es venue l’envie d’écrire d’un roman ?

Écrire des romans a toujours fait partie de mes rêves, de mes envies. Et puis la vie fait que l’on prend des tournants qui nous éloignent un peu de nos rêves d’enfant. j’attendais aussi que l’on vienne me chercher, j’avais dans l’idée qu’il me fallait une validation ce qui désormais ne me semble pas juste. Je savais que j’avais « ça » en moi mais j’avais besoin que quelqu’un d’autre le voit au lieu de me faire confiance.

Comment sont nés Guillaume, Diane, Elisabeth, et leur histoire ?

C’est la fin qui m’est apparue un jour sans trop savoir comment. De là, j’ai eu envie de retracer cette histoire et de donner vie aux personnages qui la vivaient. Finalement, quand j’ai commencé, je ne savais pas grand chose à part la fin et le fait que mon héroïne porterait un ciré jaune.

roman Jamais je ne t'oublierai

Comment te sens tu maintenant qu’ils ont pris leur envol et ne t’appartiennent plus tout à fait ?

C’est assez vertigineux mais c’est un moment magnifique. Je reçois des messages de personnes qui ont lu le livre ou qui le commencent et ils me disent des choses touchantes sur mes personnages. C’est émouvant, je me rends compte que ce que je voulais partager est reçu en tant que tel. Et j’apprends à l’instant qu’il part en réimpression le lendemain de sa sortie, c’est fou !

Quelles sont tes inspirations pour nourrir l’intrigue, et la vie de tes personnages ?

J’ai adoré explorer le thème de ce sentiment que l’on a quand on rencontre une personne, que l’on sent une connexion avec elle, cette sensation forte de familiarité et que l’on est incapable de savoir si on s’est déjà rencontrés ou non ! Et puis j’avais envie de parler de la vulnérabilité. Mes personnages sont tous les trois cabossés, épuisés émotionnellement, c’est dans ces moments-là qu’il peut y avoir une vraie transformation. Pour incarner mes personnages, je me nourris de ma propre vie, des anecdotes que je cueille ici et là et puis il y a beaucoup de choses qui viennent je ne sais d’où ! Comme si mes personnages existaient vraiment quelque part et qu’ils venaient me donner des détails sur leur vie.

A quel moment préfères-tu écrire ? As-tu une routine d’écriture ?

J’écris quand je peux ! Je n’ai pas de routine, j’aimerais tellement pourtant ! Entre mon travail (blog, guides pratiques, rédactionnel pour des marques…) ma famille, mes loisirs, j’écris quand je peux. Ma seule possibilité, c’est de me créer des moments. C’est ce que j’ai fait avec mon amie Mariam Sheik Fareed. Nous avons décidé de nous donner des rendez-vous régulièrement pour écrire ensemble soit chez nous, soit dans des cafés. Ça nous motive d’être deux et ça oblige à faire de l’écriture une priorité. D’ailleurs ça fonctionne aussi pour elle car elle sort elle aussi son premier roman cette année : Le syndrome de l’accent étranger (Philippe Rey). Sinon, quand j’ai eu besoin de mettre un coup d’accélérateur au roman, je suis partie 3 jours toutes seule sur l’île de Groix. Je n’avais aucune charge mentale, peu de réseau et la liberté totale de manger et dormir quand je voulais.

Comment as-tu construit l’écriture de ton livre ? As-tu fait un plan très structuré ou t’es-tu plutôt laissée porter ?

J’ai écrit ce livre de manière complètement déconstruite, en avançant sur les parties qui me semblaient les plus évidentes au moment où je me mettais devant l’ordinateur. Il faut l’avouer, c’était un joli bazar que j’avais ordonné ensuite en gros blocs. Et puis, avec l’aide de mon mari qui est monteur audiovisuel, j’ai tout redécoupé pour redistribuer l’histoire. Comme si nous montions un films ! En même temps que  cette nouvelle répartition, j’ai ajouté et enlevé des chapitres. J’ai adoré cette étape car j’avais enfin le puzzle qui se mettait en place !

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer ?

De fermer les yeux, d’écouter ce qui se passe à l’intérieur et de laisser parler son cœur. Je crois que c’est la prof de yoga qui parle mais c’est vraiment ce à quoi je me connecte quand j’écris. Je conseille surtout d’oser, d’écrire même sans savoir où l’on va, de pratiquer parce que c’est en écrivant qu’on devient romancier.

Quels sont tes 3 auteurs préférés ?

J’apprécie énormément Philip Pullman dont la trilogie À la croisée de mondes est un bijou.

Ensuite, je suis plutôt sensible à des univers qu’à des auteurs à proprement parler. J’aime les ambiances décalées de Boris Vian ou de Mathias Malzieu, l’intimité moelleuse des romans d’Anna Gavalda et le côté noir et lumineux de la série Harry Boch chez Michael Connely.

« Jamais je ne t’oublierai » de Marjolaine Solaro. Fayard. 306 pages. 18 euros.

Retrouvez Marjolaine sur son blog, ainsi que sur son compte Instagram.

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